Facebook Twitter Instagram YouTube

Salut Blopin.e ! En ce début d’année 2019, les bilans de l’année précédente, les nouvelles résolutions et les nouveaux objectifs affluent sur les réseaux sociaux. Malheureusement, l’optimisme et la joie de faire table rase de 2018 n’est pas toujours bienvenue pour tout le monde. Convalescence, manque de moyens, pas de cheval à soi, ou difficultés de la vie, on n’a pas tous le cœur à rêver à de nouvelles aventures. Aujourd’hui, Perky Equestrian à la joie de laisser la parole à Pingungie, qui va vous parler de cette frustration de cavalier, que “les gens comme nous”, ont tous perçu un jour ou l’autre face “aux gens comme eux”.
N’hésitez pas à retrouver tout ses liens à la fin de l’article.
Bonne lecture et bonne année de toute la #TeamPerkyEquestrian !

Par ces temps de vacances et de début d’année, il se peut que l’on affronte une petite remise en question de notre parcours personnel. Alors face au miroir, que sommes-nous capables d’attendre ? D’atteindre ? En avons-nous assez envie ? Est-ce que l’envie suffit seulement ?

Je vous raconte !

Il y a quelques semaines de ça, en admiration ou jubilation devant les photos des copines m’est soudainement venue en tête un sentiment relativement désagréable et une idée fixe : et moi ?

Moi pas. Enfin plus exactement nous, moi et Lyly quoi. Pour nous, pas de championnats, pas de randonnée exceptionnelle, pas de shooting photos en cordelette, pas de vidéo à montrer avec coach sur le dos qui remporte la 125 du week-end, pas de partenariats ou sponsoring avec des marques parce que pas de résultats ou de millions de vues sur chaîne youtube…

L’équitation est un sport difficile où les plus méritants ne sont parfois jamais applaudit. Et où inversement, ils doivent applaudir des performances qu’ils ne saluent pas.

Un goût amer, une idée déconnectée du cheval… Une espèce de vitrine à like, où chacun expose ses plus belles poses, ses plus grands exploits, une espèce d’élitisme non choisi, dans lequel nous n’avons pas notre place.
Alors j’avoue, j’ai écrit. Écrit pour me libérer de cette frustration ressentie. Car lyly, elle, les honneurs, les podiums, la prestance, je vous rassure, elle s’en contrefout.

Mais moi, enfin mon égo, il en a pris un coup.

Car oui, nous travaillons dur depuis maintenant 6 ans et demi. Oui, nous faisons du concours. Mais notre parcours est un peu atypique, on ne s’est pas choisi. Je n’ai pas eu cette occasion de dire « mes parents mettent 25000€ sur la table pour m’acheter le bai de de ce super élevage ». Je n’ai pas eu l’occasion de dire « le coach me le prend pour le mettre en route/ le remettre dans le droit chemin » puisque personne n’en voulait.

Notre parcours est en montagnes russes depuis le départ, semé de difficultés de caractère, de compréhension, d’accidents et de problèmes de santé. Mais quoi alors ?

La culpabilité, la honte, la jalousie, la rage, les regrets et les remises en question sont le quotidien de la plupart des cavaliers.

Est-ce que je dois accepter de ressentir cette frustration mal placée ? Est-ce que cela signifie que je dois avoir honte de notre parcours ? Avoir des regrets de ne pas avoir choisi une autre voie ? Est-ce que le fait de ne pas avoir de résultats sur la FFE ou en nombre de vue sur internet doit me faire rougir de notre relation ?

Est-ce normal de ressentir cette pointe de jalousie ? Est-ce que je dois culpabiliser envers  ma jument d’éprouver de telles émotions ?

Hop hop hop ! STOP! On souffle un grand coup, on respiiiiire, et on reprend calmement.

Est-ce normal d’être envieux de la réussite des autres ? Oui. Enfin je crois. Rien de dramatique, c’est un sentiment humain. On a toujours envie de bien faire, de faire mieux, de se dire que le travail qu’on effectue depuis de nombreuses années paie un jour. Alors oui, on a le droit de se dire que, parfois, l’or qui brille autour du cou du voisin, on aimerait aussi en profiter de temps en temps.

Est-ce qu’on doit avoir honte de notre parcours ? Pas du tout ! Venues de nulle part toutes les deux, on essaye de se supporter et de s’apprivoiser au quotidien. J’aménage des solutions pour que tout lui soit plus agréable, plus pratique, même quand ça ne correspond pas à sa nature ou à ce qu’elle aimerait. On essaye, on se trompe, on recommence et on apprend. Toujours encadrée, mais toujours avec cette idée des trois règles de base : manger, bouger, avoir des copains.

Est-ce que j’ai des regrets ? Non ! Surtout pas ! Nous ne nous sommes pas choisies au départ. Les débuts ont été plus que compliqués. Au bout de deux ans de ratage perpétuel et d’infimes victoires, j’ai été mise au pied du mur : « on arrête, on n’y arrivera pas » ! Et là, pour la première fois, j’ai choisi. De continuer. Malgré les difficultés. Parce qu’on a tous en nous cette petite chose appelée « conviction » qui, si l’on sait l’écouter, peut faire des merveilles (et puis parce que, mine de rien, en deux ans, on s’y attache à ces sales bêtes !).

Alors est-ce que je dois rougir de ce manque de résultats malgré l’implication et le travail quotidien ?

En totale transparence, je ne sais pas. J’aime à me dire que le travail paie toujours. Mais ce qui est vrai et vérifié pour moi ne l’est pas forcément dans une relation avec un animal. Alors oui, si l’on parle de confiance, de complicité, d’échanges quotidiens, bien sûr que nous avons progressé.

Mais pour les résultats en concours, la technique, il nous reste encore tellement de chemin à parcourir. Là-encore, parfois, je me surprends à être envieuse de ces cavaliers pour qui tout semble plus simple, qui ne posent leur postérieur qu’une fois par semaine sur leur monture, et qui enchaînent les performances. Et puis le doute reprend le dessus : est-ce vraiment ça que j’attends de mon cheval ? Suis-je amoureuse du cheval ou de l’équitation ? Alors mon cœur reprend le dessus et c’est reparti pour un tour ! Pour moi, la réponse est tellement évidente qu’elle m’échappe inconsciemment.

Est-ce que je dois culpabiliser envers ma jument d’éprouver de telles émotions ? Oui. Parce qu’elle n’a rien demandé. Elle n’a pas demandé à faire de cavalier. Elle répond à une demande qu’on lui fait, avec ses solutions à elle, ce qui lui convient le mieux à elle. Et si ce n’est pas la réponse que j’attendais, c’est que la demande était mal formulée, pas claire, ou tout simplement qu’elle ne peut pas me l’apporter, cette réponse pré-formatée dans mon esprit.

Lorsque l’on a des objectifs sportifs, on oublie souvent qu’avant tout, nous avons établi une connexion, une relation avec l’animal, et que c’est cela que l’on doit préserver.

Un cheval, c’est un ami pour la vie, c’est un enfant qu’on chérit, une âme sur laquelle on veille, un animal que l’on prend en charge, et ce pour tous les jours d’une année.

Mais avoir un cheval, c’est faire des compromis, c’est parfois sacrifier un peu sa vie. C’est un peu de rancœur, mais aussi beaucoup de bonheur.

N’oublions jamais que nous lui devons, avant toute autre chose, respect et bienveillance, quel-qu’en soit l’enjeu.

Je ne sais pas si cet article vous sera utile, je ne sais pas si ça ouvrira des pistes de réflexions ou refermera des périodes de doutes, mais j’avais besoin d’évoquer la question en cette nouvelle année.
Encore une fois, cet avis n’engage que moi. C’est mon point de vue, et surtout, n’y voyez aucune jalousie mal placée, c’est justement pour éviter tout amalgame que j’ai décidé de poser ces quelques mots.

Et vous quelles sont vos frustrations en tant que cavalier ? Dites le moi en commentaires !

Sinon, n’oubliez jamais, pas de jugement, seulement du questionnement, soyez cheval et restez Perky !

Article par @Pingungie pour Perky Equestrian.

N'hésitez pas à partager !

2 thoughts on “[MOOD] La frustration du cavalier

  1. Merci Pingungie pour ton super article ! 😀
    Il représente bien une facette peu reluisante mais pourtant ressentie par la plupart des cavaliers…
    Je te souhaite une année pleines de progression à toi et à Lyly !

  2. Je me vois quasiment entièrement dans cet article … Cette petite envie d’avoir ce que les autres ont alors que je travaille comme une dingue pour y arriver… Voir que les autres réussissent et pas moi … sur des trucs beaucoup plus simple que des résultats en concours ! ^^ Saleté d’égo …

    Mais finalement, tout vient à point à qui sait attendre comme on dit ! Et puis à force de regarder mes juments, je vois déjà tout ce que nous avons parcouru et je finis par me dire que finalement, on n’a rien a envier aux autres. Se satisfaire de ce qu’on a et surtout chérir tous les moments passés avec eux devraient être notre priorité finalement. Mais c’est tellement difficile pour nous humains.

    Que de travail à faire sur nous finalement, plus que sur nos chevaux ! ^^

Leave a Reply



Your email address will not be published.Required fields are marked *

shares