[GANGRÈNES DU MONDE ÉQUESTRE] #2 : Le choix de ne pas choisir

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Hello tout le monde ! J’espère que le contenu que l’on vous propose vous plait sur Perky ! 🙂
Nous vous ouvrons un nouveau format autour de ces gangrènes du monde équestre, ces choses qu’on pense (presque) tous, et qui font de l’ombre à ce que l’on aime dans le monde du cheval… Plutôt que de fermer les yeux, nous avons décidé de pointer le doigt dessus. Perky c’est bien le média qui met les sabots dans le plat pas vrai ? Et comme nous voulons œuvrer pour un changement positif dans la filière équine, nous allons toujours conclure nos épisodes par une pensée positive et optimiste ! Aujourd’hui, c’est Paresse et Caresse qui vous parle du choix de ne pas choisir…

En équitation comme ailleurs, on aime placer les gens dans des catégories, ça rassure. Le nombre de fois où je me suis retrouvée coincée devant un questionnaire sur la question « votre pratique de l’équitation » ou « votre discipline ». Euh … Toutes ?

Bon quand même pas, je n’ai jamais fait de Horse Ball et le complet n’est pas pour moi pour des raisons de santé mais j’avoue faire des infidélités à mes disciplines de prédilection et pire encore, dans ma manière de les pratiquer.

Les Disciplines, entre variété et complémentarité

On voit souvent des cavaliers qui ont une discipline de prédilection et qui s’y adonne corps et âme. « Un tel ? Ah oui il fait du dressage » « Bidule ? Ah non lui son truc c’est le CSO ! » Cliché ? Osez me dire que ces phrases ne vous ont pas rappelé quelqu’un…

Donc quand on voit Un tel sauter des barres ou Bidule au passage tout de suite ça fait un choc.

Mais pourquoi forcément se cantonner à une discipline quand on voit la variété des disciplines proposées ? 28 disciplines recensées par la FFE tout de même ! J’avoue que mon petit côté « testeuse en carton » ne pouvait pas rester fixé sur une pratique et j’ai eu besoin de voir d’autres choses. On reste dans le classique, rien de farfelu : saut, dressage, travail à pied, randonnée et complet pour le Gros avec une amie (on se rappelle que moi je ne peux pas pour raisons de santé).

Le gros en complet avec Alex

Mêler saut et dressage, carrière et extérieur rien de tel pour varier les plaisirs ! Au-delà de ça, certaines disciplines peuvent être très complémentaires ! Travailler un cheval de dressage sur de petits obstacles pour donner du rebond, travailler le cheval de saut en dressage pour gagner en souplesse et en équilibre, aller en extérieur avec un cheval de complet pour lui donner du fond et du courage face aux différents profils d’obstacles rencontrés … On peut profiter d’une carrière pour sécuriser ses sorties en extérieur mais aussi aller en extérieur pour redonner le moral et de l’allant à un cheval blasé de tourner en rond sur la piste !

Mais tout n’est malheureusement pas possible

Si j’avais pu, j’aurais adoré tester d’autres disciplines comme le TREC et l’Endurance (tiens deux disciplines d’extérieur !). Mais l’une des difficultés qui fait qu’on reste souvent cantonné à la même discipline, il faut arriver à trouver une structure qui nous permette de la pratiquer dans de bonnes conditions. Pour le TREC, sauter les bouts de bois rencontrés en balade, ça va bien deux minutes mais c’est bien plus profond que ça et en endurance, il ne faut pas partir n’importe comment, il y a une vraie stratégie de gestion de course et il faut avoir les terrains pour s’entraîner. Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir une écurie qui dispose des infrastructures nécessaires à la pratique de disciplines bien spécifiques : si on est dans une écurie de western où les sols sont profonds, il va être compliqué d’avoir le rebond nécessaire au développement de belles allures en dressage ou la frappe qui fera la qualité d’un saut. Pour sauter il faut aussi disposer du matériel nécessaire qui est coûteux.

Studieux en bride…

À cela s’ajoute l’équipement bien spécifique à chaque discipline. Autant pour de l’initiation ou si on souhaite rester dans un niveau loisirs on peut s’en sortir avec du matériel « mixte » mais dès qu’on veut un peu monter de niveau c’est vite compliqué. Rien que moi à mon petit niveau, j’ai fait le choix d’investir dans une selle de dressage en plus de la selle d’obstacle que j’avais déjà. Je trouve un vrai confort au quotidien et ça m’a permis de débloquer pas mal de choses qui coinçait à cause de ma position de jambe qui n’était pas idéale sur ma selle d’obstacle quand je voulais dresser un peu. Donc imaginez nous quand on sortait en

CCE avec les deux selles, la bride, le filet avec l’embouchure CSO et l’embouchure cross, les guêtres CSO et CCE, les trois tapis … (tout ça pour sortir en niveau amateur quand même !) Sans aller jusque là, il devient tout de même rapidement difficile de vouloir sauter avec une selle de dressage ou dérouler un pattern avec une selle d’obstacle. Et tout cela représente un coût non négligeable …

Il faut aussi se dire qu’on ne peut pas exceller en tout. Entre le temps que prend l’entraînement, ses propres goûts qui donnent plus ou moins de motivation lors des cours ce qui influe sur la progression, et les prédispositions de son cheval, on ne peut pas être bon dans toutes les disciplines. Lorsqu’on commence à être bon dans quelque chose, souvent on laisse tomber le reste pour s’y consacrer pleinement (et c’est aussi humain de préférer faire une discipline où on a de bonnes sensations plutôt que de  galérer dans une autre où on a moins de facilités).

En concours mais en Meroth !


La STT ou Sellerie Tout Terrain

Pour autant, il serait bon de garder l’esprit ouvert : petit retour d’expérience perso. Dans mon placard on trouve de tout : licol corde, side pull, cordelette, bride, mors simple, mors pessoa, mors baucher, mors meroth … Je peux faire du sans mors, sans filet, sans rien du tout et repasser en bride juste après. Les gens sont très étonnés à chaque fois « Tu as une bride ? mais tu n’étais pas en cordelette la dernière fois ? ». Si, mais aujourd’hui pour ce que j’avais envie de faire j’avais besoin de la bride et demain ce sera autre chose.

Petit sidepull pour la balade

Ça gène que je ne choisisse pas, on ne peut pas me cataloguer « éco-éthologico-bio » mais en même temps je n’ai rien d’une cavalière « classique » vu tout l’attirail que j’ai dans mon placard. Et pourquoi là encore je devrais me restreindre alors que j’aime bien tout essayer et que le Gros répond positivement à tout ce que j’utilise ? J’apprécie d’avoir la souplesse du meroth, mais des fois j’ai besoin de la fermeté d’un mors, et c’est toujours plus agréable de se balader en side pull et de pouvoir brouter librement … On a la chance d’avoir une large variété de produits, autant en profiter si on y trouve notre intérêt.

Je pense que c’est surtout par manque de connaissances et une petite trouille. Combien m’envie quand je galope seule en extérieur en cordelette, ou que j’enchaine un tour en sidepull ? Pourtant ce n’est pas de la chance mais du travail. Il faut avouer qu’il est tout de même plus safe de ne pas tenter plutôt que de se lancer tête baissée par soucis du naturêêêêl et de risquer l’accident ! Là encore je prends les deux extrêmes mais ce sont ceux qui l’ouvrent le plus quand je les croise donc difficile de les rater … Un peu de bon sens, du matériel “fait pour” (je pense à tous ces pseudos sidepull qui cisaillent le chanfrein ou ces ficelles qui brûlent l’encolure) et un bon accompagnement, il n’y a pas d’autre secret pour que ça fonctionne.

Le mélange des genre ! 😛

De la cohérence dans l’éducation

Certains diront qu’un peu de stabilité dans tout ça ne ferait pas de mal. Pour moi, la stabilité se trouve dans la cohérence que l’on aura pour l’éducation de son cheval et non uniquement sur ce qu’on fait avec lui.

Si on utilise les mêmes codes, il s’y retrouvera et ne déclenchera pas de stress face à la nouveauté. Au contraire, il y trouvera de l’intérêt et un regain de motivation pour le travail. Le Gros et moi sommes très codifiés dans notre façon de faire et c’est ce qui lui permet de ne pas s’inquiéter face à une nouveauté. Tout le reste est à l’identique ce qui le rassure et le petit changement aiguise sa curiosité.

Et après tout, faites bien comme vous le sentez et surtout comme vous le souhaitez ! C’est aussi ça l’esprit Perky, se détacher des étiquettes, garder l’esprit ouvert et prendre du bon temps avec son cheval (car, n’oubliez pas, le cheval c’est trop génial ! C’est notre chère FFE qui le dit) Ouvrez vous de nouveaux horizons, testez, faites vous votre propre avis et surtout faites vous plaisir ! Après tout, ce n’est pas le but premier ?

Paresse et Caresse

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