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Bonjour à tous ! C’est avec grand plaisir que je retrouve la plume pour ce super projet qu’est Perky !

Pour attaquer, je vais aborder un thème pas forcément joyeux, mais qui peut nous toucher bien plus vite que prévu et auquel il faut savoir faire face : lorsque son cheval ne se remet pas d’une blessure.

Pour ceux qui me suivent sur mon compte Facebook et ma page Instagram, vous avez vu que le Gros a eu un accident de pré tout con. On commence par une morsure qui s’infecte et qui provoque une grosse boiterie. Mais ce qu’on ne savait pas, c’est qu’en plus de ça il souffrait d’une compression du nerf suprascapulaire qui était la réelle cause de la boiterie. On a dû attendre l’atrophie des muscles supra et infra épineux de l’épaule avant de pouvoir poser le bon diagnostic … On passe d’une infection qui se soigne en quelques jours à un possible handicap permanent. On partait sur l’annulation des concours de Juin et je me retrouve à me demander si je vais pouvoir seulement remonter le Gros un jour.  Ça calme … Une amie s’est retrouvée dans une situation similaire cette année sauf qu’elle a aussi dû passer par la case opération, preuve que ce n’est pas si rare et que ça n’arrive pas qu’aux autres.


Et ça, ce n’est que le début
  • Comment on gère dans l’immédiat
  • On arrive et on retrouve le poney cassé … Et mince qu’est-ce que je fais ? Après avoir paniqué, pleuré toutes les larmes de son corps et prié tous les dieux et saints, on se pose deux minutes et on observe : localisation, intensité de la douleur (chacun connait son cheval et sait à quel point il est chochotte ou au contraire warrior), trace visible d’un souci (plaie, écoulement, bosse, perte de poils …) s’il y a une boiterie et si le cheval est déplaçable. Cela permet d’établir rationnellement un premier « diagnostique » et de donner un degré à l’urgence entre « je vais soigner ça seul », « j’attends de voir comment ça évolue d’ici demain avant d’appeler le véto » et « ça urge venez viiiiite ».
  • S’il est possible de le déplacer, il faut mettre le cheval à l’abri dans un endroit calme, isolé, avec toutes les commodités à disposition (eau, foin, litière). Effectuer les premiers soins si c’est possible mais attention à ce que ça n’entrave pas l’intervention du vétérinaire. Et on attend … C’est la partie la plus frustrante, on est là, démuni, et on ne peut rien faire d’autre que le regarder, voir qu’il est mal et tout tenter pour le soulager avec plus ou moins de succès.

Petit conseil si vous en avez la possibilité, ne restez pas seul pendant l’intervention du vétérinaire pour plusieurs raisons. Déjà on peut avoir besoin de plusieurs personnes pour manipuler le cheval (tenir la queue, un membre …). Ensuite, vous êtes inquiet, énervé, vous avez 1000 questions, vous n’êtes pas forcément opérationnel pour demander à votre cheval de rester calme pendant qu’il se fait manipuler et vous pouvez vite monter en tension, ce qui n’aidera en rien. Une personne extérieure sera plus à même de garder son calme et de garder votre cheval calme. Enfin, je ne veux pas être pessimiste mais on ne sait jamais ce que le vétérinaire va annoncer. Si le diagnostic est plus grave que prévu, il n’est pas superflu d’être accompagné par quelqu’un qui nous aidera à digérer la nouvelle.

A vous ensuite le protocole de soin, sa mise en application pour une durée plus ou moins longue et autre joyeuseté …


On a tout essayé Level 1000, on n’a pas dit notre dernier mot !

  • On ne s’oublie pas

Durant cette période de soin, on a rapidement tendance à s’oublier : pauvre poney malade, il est coincé au box je vais venir tous les jours le faire brouter une bonne heure + le temps des soins. On fait appel à 1000 professionnels, on achète les médicaments, des produits de soins, des compléments alimentaires, des plantes, du matériel sensé soulager … Bref on tente le tout pour le tout pour être sûr qu’il se remette au mieux ou pour réduire au maximum son handicap.

Le temps et l’argent deviennent deux choses qui occupent notre quotidien et notre esprit et qui pourtant fondent comme neige au soleil. On n’a plus le temps pour rien, plus d’argent pour les à-côtés (de l’importance de prendre une assurance incluant les soins véto et qui corresponde à notre pratique de l’équitation) et au bout d’un moment sans le voir venir, on craque ! Quand les soins sont longs, que les enjeux sur la remise en forme du cheval sont énormes, ou qu’il existe d’autres formes de pression (saison de concours, cheval confié …) on peut vite arriver à bout de nerf. Ingrat ? Après tout on l’a voulu notre cheval, pour le meilleur ET pour le pire. Et puis c’est lui qui est mal pas nous ! Certes, mais passer de longues heures quotidiennement au chevet de son malade, ne pas voir forcément de progrès, mettre des choses en dehors de l’équitation de côté le temps que ça passe, et continuer de voir les autres cavaliers monter et profiter de bons moments avec leur monture, c’est humain on craque !

Avoir son cheval en soin, c’est très lourd. Cela demande une présence accrue, des finances solides et de dire adieu temporairement (ou non) à tous nos projets et ce qu’on souhaitait faire avec notre cheval. C’est dur mentalement de devoir revoir ses plans. On se dit pourquoi nous ? Qu’est-ce qu’on a fait ? A côté de quoi on est passé ? Il faut savoir que, en dehors de certaines situations réellement dangereuses, un accident est toujours con et on ne peut pas tout prévoir. Il faut accepter que ce qui arrive n’est pas toujours de notre faute, que l’on ne peut pas toujours tout éviter afin d’avoir l’esprit clair et de soulager en partie sa conscience. Ensuite il faut aussi penser à soi. Être présent pour son cheval, c’est bien, mais être présent pour son cheval en forme et avec le moral c’est mieux ! Lui-même le ressentira. Il faut se garder du temps pour soi et ne pas s’oublier dans l’histoire. Oui les soins doivent être fait et c’est la priorité, mais est ce qu’il n’y a pas quelqu’un qui peut le faire exceptionnellement le dimanche à votre place ? Est-ce que le pansement peut être finalement changé un jour sur deux au lieu de le faire tous les jours ? Il existe des fois des petites solutions toutes simples pour arriver à se libérer un peu. N’oubliez pas, vous êtes l’infirmier de votre cheval et non l’esclave de ses soins.


Coucou la rééducation ! et oui ça fait peur … On voit bien l’atrophie totale des muscles de l’épaule et que le Gros est complètement tordu sur la gauche pour reporter son poids sur l’épaule droite.
  • Que faire après ?

Maintenant il faut voir plus loin et penser à l’après. Deux cas de figures : votre cheval s’en remettra après une période plus ou moins longue de rééducation ou votre cheval ne s’en remettra jamais pleinement. Je vais plus m’attarder sur le deuxième cas car dans le premier, on suit la rééducation et il n’y a pas de raison pour que cela se passe mal. Et le deuxième cas me touche plus car je suis en train de la vivre actuellement.

Le Gros ne se remettra peut être jamais pleinement de son accident. On n’est qu’au début de sa rééducation donc il est compliqué de savoir jusqu’où on pourra aller et à quel point il restera handicapé. Une première question, quel temps se donner ? Pour ne pas baisser les bras trop tôt et réduire les chances de s’en remettre mais sans toutefois confondre rééducation et acharnement. Un nerf peut mettre de quelques mois à un an pour reprendre son état normal, c’est donc le délai que je me suis donné. On voit dans un an où on en est : s’il est reparti, on continue tranquillement notre bout de chemin (il n’aura que 16 ans) mais s’il ne se remet pas pleinement (ce qui a de grandes chances d’arriver …) je lui trouve une petite pension pré et je le laisse tranquille sur des petites balades. Bien que je sois encore partagée sur cette question : pourquoi payer une pension avec 3 carrières, 1 manège et de 2 ronds de longe pour un cheval que je ne peux plus travailler ? Mais en même temps pourquoi le changer de pré lui qui est très bien intégré et raide amoureux d’une copine de pré ? Et le tapis roulant nous sert bien actuellement pour sa rééducation tout comme le solarium nous a bien aidé l’hiver dernier pour ses douleurs dorsales … Il serait donc dommage de lui changer ses repères et de me priver d’installations qui pourraient toujours nous être utiles … J’étais catégorique avant, maintenant je suis plus partagée.  Je pense que l’on verra au moment voulu si j’arrive à trouver une petite pension qui me tape dans l’œil ; je ne changerai pas à tout prix pour dire de faire des économies.

Il faut donc revoir ses plans. Qu’est ce je fais ? On monte encore un peu ? On ne fait que les disciplines encore possible ? On arrête tout ? Ça c’est à vous de voir en fonction de la forme de votre cheval, de ses capacités et de votre ressenti. Vient ensuite la réflexion sur le mode d’hébergement, est ce qu’il peut encore vivre là où il est ? Le pré n’est-il pas trop grand ? Trop pentu ? Est-il pertinent de le laisser au box alors qu’il ne travaille plus ? Son handicap n’est-il pas trop pénalisant pour qu’il puisse encore vivre en troupeau ? Beaucoup de questions pour gérer au mieux « l’après ». Ce n’est pas parce que votre cheval garde des séquelles que tout est fini. Forcément il faudra revoir certains objectifs à la baisse ou se résigner à en abandonner d’autres mais tout n’est pas forcément terminé. Par exemple avec le Gros, on peut encore faire des longues balades au pas et pour moi c’est déjà énorme. Tous n’ont pas la chance de garder leur cheval à leur côté et j’ai la chance de continuer à pouvoir profiter de sa présence au quotidien.


On s’adapte mais ce n’est pas encore fin !  

En bref

Toujours avoir un plan B, ce n’est pas au moment où on se retrouve face à la situation qu’il faut commencer à se poser les bonnes questions. Certaines réponses dépendront forcément de la situation mais il est quand même bon de se le poser en amont. Combien de personnes se retrouvent avec des frais vétérinaires qu’ils ne peuvent assumer ? Je vous assure (vous m’excuserez le jeu de mot), on affronte bien plus sereinement ces difficultés lorsqu’on sait que l’on n’a pas la question financière à se poser puisque l’assurance prend le relais. Je ne me serai jamais pardonnée d’être passée à côté de quelque chose parce que je n’avais pas pu financer les examens nécessaires au diagnostic ou que je ne pouvais pas payer les soins. Selon notre contrat, il existe même une clause pour dédommager si le cheval ne peut plus pratiquer la discipline à laquelle il était destiné ce qui peut être intéressant pour les compétiteurs. Et quelle suite donner ? Peut-on financer un deuxième cheval pour prendre le relais ? Là encore, trop d’annonces de chevaux à donner “contre bons soins” ou de DP sur des chevaux à moitié handicapés pour financer le remplaçant. Le tout est d’être clair avec soi même, de ne pas se précipiter pour prendre les bonnes décisions et de toujours mettre les intérêts du cheval au centre des préoccupations.


N’est il pas le plus beau de tous les handicapés ? <3

Article par Paresse et Caresse de la #TeamPerkyEquestrian.

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